Librairie Gutenberg, Strasbourg

Dernière mise à jour : août 16

La librairie devait accueillir la soirée de lancement des trois parutions de Gorge bleue, mais ceux-ci sortent en plein confinement. Qu'à cela ne tienne, toute l'équipe a présenté les livres dans une newsletter dédiée, envoyée le 2 novembre 2020.


Lu et conseillé par Françoise


Au cours de cette rentrée littéraire, il y a quelques premiers romans de grande qualité. En Arden en fait partie. Pour un premier roman, c’est remarquable : l’écriture fluide au vocabulaire choisi alterne des dialogues de très grande justesse avec des descriptions, des réflexions et des ressentis du personnage principal, Julie.

Julie n’est pas une héroïne, c’est une femme d’aujourd’hui. Elle est le lien entre tous les personnages du roman. Elle est en est le fil conducteur. Il y a Thomas son ami et sa troupe de théâtre qui cherche à monter Macbeth, il y a Pierre son compagnon, il y a Aurélien le vieil universitaire spécialiste de Shakespeare, il y a Sophia, l’amie engagée… Et puis il y a la rue avec sa violence, les émeutes, le racisme, les relents de patriarcat. Si les tensions sont palpables au théâtre, dans la rue et dans le couple ; l’amitié, la solidarité contrebalancent la violence quotidienne.

Et les scènes s’enchainent plus vraies que nature. Autant d’occasions d’aborder les débats d’aujourd’hui à travers les réflexions des uns et des autres : le langage et son implication, les inégalités, le racisme, la violence policière, le harcèlement, le féminisme. « Les choses de la vie » d’aujourd’hui grâce à une narratrice engagée. Je vous le recommande vivement.


Lu et conseillé par Lucas


En Arden nous raconte l'histoire de Julie - ou plutôt ses histoires, car la vie n'est jamais cousue d'un seul et unique fil blanc : partout, des drames l'assaillent et, à chaque fois, il faut relever la tête, un peu plus haut encore. Entre sa vie sentimentale qui s'essouffle péniblement, son travail au sein d'une compagnie de théâtre, des émeutes dont les échos parviennent jusque sous ses fenêtres, la jeune femme est submergée par une accumulation de violences. Des violences à la fois privées et politiques.


C'est au cœur d'une amplitude qui résonne avec l'univers shakespearien que Julie joue les funambules entre son petit ami, son amie Sophia, son amant et de nombreuses rencontres qui la poussent à avancer, un peu plus encore.

Mathilde Hug signe un premier texte où le romanesque se déploie pour nous étourdir et nous ravir. Un grand roman féministe où tout le tragique de notre époque gravite autour d'une héroïne dont il est difficile de se défaire tant nous nous retrouvons en elle. En Arden est une œuvre singulière dont l'harmonie retrouve son sens platonicien, celle d'une musique astrale dont le parrainage littéraire nous emporte au rythme d'une langue où le sens et la forme communient.



Lu et conseillé par Agathe


Que dire de ces deux pièces à part qu’elles sont profondément justes et humaines.

Avec Pas de bougie bougie, qui traite de l’euthanasie, les autrices frappent fort. Amélia, une grand-mère cynique et cinglante veut prendre le droit de choisir le moment de sa mort. Mais ce n’est pas si facile d’imposer cela à sa famille et Amélia n’écoute personne. Au cœur de cette grande question qui est celle de l’euthanasie, Pas de bougie bougie parvient à nous surprendre et à nous faire rire. Ainsi, même si elle aborde un sujet sérieux, la pièce est truculente tout en étant émouvante. C’est une belle réussite !


Shakesqueer la querelle, en mêlant le privé et le politique parvient à questionner le lecteur sur des problématiques actuelles à travers des personnages bien construits et touchants. Inès et Rachel s’aiment, mais quand la vie politique d’Inès s’immisce dans sa vie privée et celle de Rachel, tout se complique. À nouveaux, les autrices nous proposent des personnages complets, chacun avec ses envies, ses contraintes et ses désirs. Elles arrivent avec brio à nous montrer la complexité des relations humaines quand le politique vient se mêler au privé. J’ai aimé la justesse de l’écriture des personnages et l’affirmation que porte la pièce. Car oui, le privé est politique.



Lu et conseillé par Françoise


Anna, jeune météorologue qui avait choisi de vivre en pleine mer au large des côtes bretonnes, est un jour appelée à partir en mission analyser une tempête hors norme qui ravage Strasbourg et ses environs, région où est originaire la famille d’Anna. Un retour aux sources plein de surprises et d’angoisse pour la jeune héroïne.

Vous pouvez choisir de prendre ce livre comme la quête d’une jeune femme à la recherche de son passé pour comprendre ses blocages, ses moments de mal être jusqu’à la renaissance. Vous y découvrirez alors le portrait d’une femme libre totalement en symbiose avec la nature qui avance pas à pas grâce à ses rencontres vers sa propre vérité. Le chaos des paysages ravagés par la tempête faisant écho à son chaos intérieur.


Vous pouvez également choisir de découvrir le premier roman d’une autrice qui a l’habitude de travailler sur l’âme humaine : Marie Sélène comme une série de clés pour comprendre mieux les phénomènes de peurs de traumatismes qui nous entravent et apprendre à les dépasser. Ainsi, le récit est entrecoupé par des apartés d’introspection très poétiques et très justes où la narratrice s’adresse à nous les lecteurs mais aussi à elle par une sorte de puissance mystérieuse (son compagnon le vent ?) qui l’aide dans son parcours intérieur.

Vous y trouverez des phrases qui sonnent particulièrement justes : « souffrir pour permettre aux ancêtres de vivre » ou encore : celle -là « Savoir n’empêche pas d’avoir peur ».

Quand l’écriture et la lecture se font thérapie.


Posts récents

Voir tout